Chapitre 1

Chapitre 1
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Sur la photo :
Jeune télépathe de 17 ans, Shirley a du mal à vivre avec son pouvoir qu'elle ne maîtrise pas encore. Les visions qu'elle capte de temps en temps ne font qu'aggraver sa situation, lui rappelant sans cesse qu'elle n'est pas tout à fait normale. Même si elle peut lire dans les pensées des gens qui l'entourent, elle sait au fond d'elle qu'ils ont du mal à l'approcher et elle aimerait pouvoir avouer aux personnes qu'elle aime qu'elle est différente, sans avoir à se préoccuper de leur réaction. Peut-être rencontrera-t-elle des personnes qui la comprendront et qui l'accepteront telle qu'elle est, avec ses qualités et ses défauts ? Qui sait ... Peut-être l'a-t-elle vu dans un de ses rêves...
# Posté le mercredi 06 juin 2007 13:01
Modifié le mercredi 20 juin 2007 07:15

Chapitre un : Le commencement

_ Tu veux faire quoi maintenant ? Demanda Sandra à son amie.
_ Bah, j'aurais bien voulu aller du côté du Pot de Yaourt : je dois aller voir quelque chose dans la rue piétonne, lui répondit Shirley.
_ Quelque chose ? Et quoi précisément s'te plait ?
_ Je ne sais pas exactement ce que s'est, mais je le saurais en le voyant.
_ T'es bizarre comme fille, toi !
_ Je sais, merci ! Lui répondit Shirley en rigolant.
Tout en continuant de parler de multiples sujets comme les cours qui allaient bientôt reprendre ou bien les relations qu'elles avaient avec leurs amis et amours, les deux amies avançaient dans les rues du Havre. Elles passèrent devant le Quick dans lequel elles aperçurent Laetitia, une de leurs amies communes, en compagnie d'un garçon qu'elles ne connaissaient pas. Décidant de ne pas s'arrêter, elles continuèrent leur chemin, traversèrent la route et allèrent sur leur droite. Elles passèrent devant divers magasins et après avoir emprunter la rue sur leur gauche, s'arrêtèrent quelques minutes devant Soho, après quoi elles traversèrent le carrefour et se stoppèrent sur la place.
_ Bon, on va où maintenant ? Demanda Sandra.
_ Euh, je sais pas ! Ils devraient être là ! Se dit-elle à voix basse.
_ Qui devrait être là ?
_ Attends ... Commença Shirley.
C''est alors que surgirent derrière elles une vingtaine de jeunes, âgés de 15 à 25 ans. Ils coururent tous en direction des deux amies et les encerclèrent rapidement.
_ C'est eux que t'attendais ? S'exclama Sandra.
_ Non ... J'avais pas prévu ça ! Lui répondit sincèrement son amie.
_ Prévu ?!? Et qu'est-ce que t'as prévu maintenant ?
La bande qui les encerclait se resserrait au fur et à mesure qu'elles criaient.
_ Qu'est-ce que vous nous voulez ?
_ D'abord que tu la fermes. Ensuite, que tu nous passes ton fric, ton portable, mp3, ainsi que ceux de ta copine, lui répondit-il. Et ça, c'est pour commencer. Après on verra ce qu'on va faire de vous, continua-t-il, d'un air intéressé.
Sandra recula vers son amie et lui chuchota :
_ Shirley, j'ai peur !
_ Moi aussi, lui avoua cette dernière.

Quelques minutes plus tôt...

_ Ça vous dérange pas trop si on va à Dockgames, j'ai un jeu à acheter, demanda Florian.
_ Non, de toute façon, on a rien d'autre à faire, à moins que toi, t'es quelque chose de spécial à voir, demanda Jérémy à Pierre.
_ Oh, moi non, j'ai pas de sous à dépenser, leur répondit-il.
_ Bon, bah alors, c'est parti pour Dockgames.

_Sinon, c'est comment ton lycée, Pierre ? demanda Florian. T'as pu visiter un peu quand t'as été t'inscrire ?
_ Bah, tu sais, c'est un lycée. Mais c'est sûr que je préférerais revenir à Claude Monet ! Déjà je vais connaître quasiment personne, et, à ce qu'on m'a dit, les profs sont trop cons et on a la dose de devoirs.
Ses deux amis rigolèrent et Jérémy commença à le sermonner :
_ Ouais mais t'avais qu'à bosser l'année dernière, au lieu de glander et de foirer ton année.
_ Moi je peux pas savoir, j'étais pas avec vous, poursuivit Florian.
_ Bah, tu vois, quand on avait un devoir de deux heures, Pierre, c'était le mec qui dormait la première heure et qui se mettait à travailler pendant la deuxième. Et à la fin il avait huit ou neuf sur vingt, alors que nous, on bossait pendant les deux heures et on avait la même note. C'était pas juste !
_ Ah ouais, en fait c'était un intello, mais qui bossait pas, quoi !
_ Voilà, t'as tout compris ! Et le pire c'est qu'il aurait pu être dans les premiers de la classe s'il avait voulu ! Mais bon, ce qui est fait est fait.
Ils arrivèrent alors devant le magasin de jeux vidéo et s'aperçurent qu'une émeute avait lieu sur la place, juste devant eux.
Ils se dirigèrent vers une foule de gens qui se tenait à l'écart.
_ Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Florian à femme blonde d'une trentaine d'années..
_ Il y a deux filles qui sont en train de se faire racketter par tous ces jeunes ! Leur répondit-elle.
_ Et personne n'intervient ? Lui demanda Jérémy.
_ Mon mari a appelé la police et elle a dit qu'elle arrivait, mais ... on sait tous qu'elle se pointera quand tout sera terminé...
_ Et personne ici n'a le courage d'aller les aider ... Continua son mari.
_ T'as vu combien ils sont ? Enchaîna-t-elle.
_ Venez, fit Florian à ses deux amis.
Ils se déplacèrent de quelques mètres, de façon à ce que personne ne les entende.
_ Il faut qu'on intervienne, sinon elles risquent de se faire tuer.
_ Ouais, mais t'es marrant, si on nous voit nous servir de nos... Capacités... On risque de se faire engueuler par Escamilla, continua Jérémy.
_ Oui, mais tu préfères qu'on sauve une vie, enfin deux, ou qu'on découvre que tu possèdes des... Capacités, dit-il, en vérifiant que personne ne les écoutait.
_ Ouais ... t'en dis quoi, toi ? Demanda Jérémy à Pierre.
_ J'en dit qu'on peut pas les laisser se faire tuer sans intervenir.
_ Je suis d'accord ! Poursuivit Florian.
_ Bon, à deux contre un, je m'incline. Faut qu'on fasse vite pour pas qu'on nous reconnaisse.
Ils traversèrent alors la route en courant et continuèrent vers la foule qu'ils atteignirent
Dans son élan, Jérémy exécuta un coup de pied plongé et envoya un des agresseurs sur un autre. Celui-ci se retourna et alerta tous ses amis. En quelques secondes, ils abandonnèrent les deux jeunes filles et se retournèrent pour faire face aux trois « sauveurs ».
_ Vous avez pas honte de vous en prendre à des personnes plus faibles que vous ? Leur demanda-t-il.
_ Et toi, t'as pas honte de frapper les gens qui t'ont rien fait ?
_ Pas quand « ces gens » sont de véritables pourritures ! Vous êtes vingt contre deux. C'est très courageux, ça !
C'est alors qu'il se jeta sur Jérémy qui l'évita en faisant un salto avant, au dessus de son agresseur, et lui donna également un bon coup de poing pendant son saut périlleux. L'agresseur finit sa course dans la fontaine qui se tenait juste derrière eux.
Jérémy se remit alors en position, et Pierre et Florian se joignirent à ses côtés.
Il saisit alors chacun de leurs poignets et activa son pouvoir. Ses yeux se teintèrent en bleu et un sentiment d'absorption se distingua sur son visage. Il venait de copier les pouvoirs de ses amis.
Il se prit la tête dans les mains et, en se concentrant, créa deux clones. La bande d'agresseurs recula alors d'un mètre ou deux.
_ T'es un monstre !
_ Non, les monstres, c'est vous !
Chacun des trois Jérémy leva ses mains dans leur direction et se concentra à nouveau pour activer le pouvoir de Pierre, copié par l' « original ». Ils firent alors trembler la terre, soulevant ainsi une majorité des agresseurs et les faisant retomber rapidement sur la terre ferme. Certains d'entre eux se retrouvèrent inconscients, d'autres hurlèrent de douleur, due à des côtes cassées, et les derniers se relevèrent et s'avancèrent vers leurs agresseurs.
_ Je vais quand même pas tout faire tout seul, si ? demanda Jérémy à ses camarades.
Ses amis activèrent alors leurs pouvoirs respectifs et ils affrontèrent ensemble la foule de leurs ennemis.
Florian se créa également quelques clones et chacune de ses copies attaqua leurs ennemis. Pierre de son côté, utilisa son pouvoir pour emprisonner les agresseurs neutralisés dans un énorme fossé qu'il venait de créer.
Au bout de quelques instants, les trois quarts des agresseurs étaient mis KO. Seuls quelques téméraires faisaient encore face à nos héros. L'un d'eux s'attaqua à Jérémy, qui le maîtrisa rapidement, lorsqu'un de ses complices passa dans son dos pour le poignarder avec un couteau qu'il tenait entre les mains.
À quelques centimètres de Jérémy, il se stoppa net, arrêté par la douleur, et prit sa tête entre ses mains. Jérémy en profita pour neutraliser celui qui se tenait en face de lui et se tourna alors vers ses deux amis. Sentant qu'ils ne le regardaient plus, il se tourna vers l'objet de leur attention.
Shirley se tenait debout et avait des étoiles jaunes dorées qui flottaient devant ses yeux. Le spectacle était remarquable. Elle se concentrait pour neutraliser l'agresseur qui lui avait tenu tête, quelques minutes plus tôt. Quand elle eut fini, celui-ci s'écroula au sol. Les derniers survivants partirent en courant, laissant là leurs amis, inertes.

_ Qui es-tu ? demanda alors Florian à leur nouvelle rencontre.
_Je m'appelle Shirley ! Leur répondit-elle par télépathie.
_ Vous avez entendu ça ? demanda alors Pierre à ses amis.
_Oui, ils entendent. Je peux vous parler à tous les trois en même temps. Mais, s'il vous plait, ne parler pas à voix haute. Je ne veux pas que mon amie sache que je suis ... différente...
_ Différente ? Pardon ... Euh ... T'as qu'à lui dire que tu dois la laisser. Et tu viens avec nous parce qu'il faut qu'on parle ! Lui proposa Florian.
_ C'est d'accord ! Attendez moi au bout de la rue derrière vous !
À ces pensées, Shirley fit demi-tour et se dirigea vers Sandra.
_ Euh ... écoute je dois te laisser là, je dois ...
_ C'est ... c'est toi qui a tué ce mec ? Demanda-t-elle à son amie dans un effort surhumain.
_ Ah, euh ... il n'est pas mort ! Lui avoua-t-elle. Il est juste un peu sonné...
_ Oui mais c'est quand même toi qui lui as fait ça !
C'est alors que Shirley se concentra et les étoiles dorées réapparurent devant son front.
_ Ecoutes Sandra. Tu viens de recevoir un appel de ta mère et tu dois rentrer tout de suite chez toi. Tu n'as rien vu de spécial ce soir : tu as seulement fait les boutiques avec moi. Tu vas t'excuser et t'en aller. Je ne t'en voudrais pas. C'est bien compris ?
Après quelques secondes, Sandra reprit ses esprits et s'adressa à Shirley :
_ Shirley, je suis désolée, mais ma mère vient de m'appeler et je dois rentrer d'urgence !
_ Ah bon ? J'espère que c'est pas grave ! Exagéra-t-elle.
_ Non, moi non plus. J'te laisse là, désolée. À plus !
_ Ok, bisous !
Shirley attendit qu'elle s'éloigne un peu avant d'aller rejoindre ses trois sauveurs. Ils commencèrent à avancer en direction de l'Espace Coty quand Jérémy entama la conversation :
_ Alors, comme ça t'es télépathe ?
_ Bah ouais, on dirait ! Lui répondit-elle, sur le ton de la plaisanterie.
_ Excuse, mais pour nous c'est rare de voir quelqu'un d'autre utiliser ses pouvoirs en public ! répondit Florian.
_ Ouais je sais. Mais c'est pour ça que je suis venue ici. Je savais que vous viendriez.
_ Et pour la vingtaine de mecs aussi t'étais au courant ? Intervint alors Jérémy.
_ Non, ça, j'avais pas prévu. Mais je savais ensuite que vous viendriez m'aider, et que toi tu hésiterais à me sauver, dit-elle à l'intention de Jérémy.
_ Attends, j'ai pas hésité. C'est juste que j'ai pensé à nous avant de penser à une inconnue qui, en plus, aurait pu éviter de se mettre dans une telle situation.
_ Je n'ai su qu'au dernier moment que ces mecs allaient venir ! D'ailleurs je ne sais pas d'où ils sont venu.
_ Ok, c'est bon calmez-vous, dit alors Pierre. Y a du monde qui est au courant pour tes pouvoirs ? A part nous je veux dire.
_ Bah je les ai caché à mes parents parce que je connais très bien leur réaction : ils m'engueuleraient, me traiteraient de tous les noms et me vireraient de chez moi. Et comme j'ai pas envie de dormir dehors, bah je dis rien. Et vous ?
_ Bah nous non plus, nos familles ne sont pas au courant. De toute façon on vit plus chez nous, enchaîna Pierre.
_ Et vous vivez où alors ?
_ En fait, on habite dans une Institut où ne vivent que des ... mutants ... comme nous, raconta Jérémy.
_ On se croirait dans les X-Mens... Et vous êtes combien en tout dans cette ... Institut ?
_ Je sais pas, une cinquantaine, révéla Florian. Si tu veux, tu peux venir avec nous, le Prof sera d'accord pour que tu t'installes là-bas.
_ Je sais pas, je dois réfléchir, leur dit-elle, d'un air hésitant.
_ C'est comme tu veux, on te force pas. Mais pour nous, ça a été plus facile de se retrouver entre mutants parce qu'on en avait marre de se cacher. Au moins, là, on peut s'exercer devant les autres.
_ Ouais moi ça me dérangerait pas de venir. Au contraire, ça serait super si je pouvais enfin me confier à quelqu'un ... Mais sinon, c'est comment là-bas ?
_ Bah c'est comme un internat : tu partages ta chambre avec une ou deux autres personnes, tu peux sortir en dehors de l'Institut mais tu dois être rentré avant minuit. Tu peux exercer tes pouvoirs librement, sans te cacher, lui répondit Pierre.
_ Mais il faut que saches aussi qu'il y a des fois où on est dérangé par des « normaux » qui savent qu'on est là et qui débarquent de temps en temps pour se prendre quelques coups, lui avoua Jérémy en plaisantant. Ca nous permet de nous maintenir en forme !
_ Il y a aussi une bande de mutants opposée à nos idées, continua Florian. Leur chef se fait passer pour une prof au lycée Claude Monet. Au fait tu vas à quel lycée, toi ?
_ Bah Claude Monet ! Et vous ?
_ Nous aussi, sauf Pierre qui est parti à Porte Océane. En quelle section ? Nous on est tous en S.
_ Pareille. Peut-être qu'on se retrouvera ensemble ! Avec la chance que j'ai, je risque d'être mise dans l'autre classe.
_ Mais non. De toute façon tu pourras utiliser tes pouvoirs pour te faire changer de classe ! Intervint Pierre.
_ Ouais, mais je contrôle pas encore assez bien mes pouvoirs pour faire ça !
_ Bon, nous on va devoir rentrer ! dit alors Florian. T'es partante ou pas pour emménager chez nous, finalement ?
Shirley hésita quelques instants, en ce posant le pour et le contre. Finalement, elle prit sa décision :
_ C'est d'accord, je viendrais dès demain, s'il y a de la place !
_ Sage décision ! Plaisanta Jérémy. On se retrouve ici vers 17h00 ?
_ Ok ! A demain !
Shirley repartit vers le centre-ville, pour aller prendre son bus et rentrer chez elle. Florian, Pierre et Jérémy continuèrent leur chemin en direction d'une petite ruelle, à l'écart des regards.
_ Au fait, j'ai même pas été voir pour mon jeu ! Plaisanta Florian.
Jérémy sorti son portable, composa un numéro et prononça les mots suivants :
_ C'est bon tu peux nous ramener. Comme d'habitude. Ok.
Et il raccrocha. Trois secondes plus tard, tous les trois disparurent dans un halo de lumière pourpre, laissant la rue déserte.
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# Posté le mercredi 06 juin 2007 13:01
Modifié le mardi 19 juin 2007 16:14

Chapitre 2

Chapitre 2
# Posté le mercredi 06 juin 2007 13:27
Modifié le jeudi 07 juin 2007 13:33

Chapitre deux : Nouveau départ

Le lendemain, à l'heure prévue, Jérémy, accompagné de Lucille et Christophe, deux autres mutants, rejoignit Shirley au centre-ville. Celle-ci semblait anxieuse à l'idée de quitter enfin sa maison. Elle écarquilla les yeux en voyant celui qui l'avait tirée d'affaire la veille. Elle avança dans sa direction et remarqua qu'il n'était pas venu seul, comme elle l'aurait souhaité.
_ Salut, leur adressa-t-elle.
_ Sa va mieux depuis hier soir ?
_ Oui, juste un peu stressée.
_ J'te présente Lucille et Christophe, dit-il en les désignant chacun à leur tour. Ils sont comme nous, t'as pas à te tracasser !
_ Ah, ok ! On se connaît pas, par hasard ? demanda Shirley à Lucille. J'ai l'impression de t'avoir déjà vu quelque part... Ça serait pas à la fête de la musique, l'année dernière ?
_ C'est possible ! Mais désolée, je ne me souviens pas vraiment de toi !
_ Oh, c'est pas grave ! Vous voulez qu'on y aille maintenant ou vous préférez aller autre part ... ?
_ Binh ... Si tu veux on y va maintenant comme sa tu auras le temps de visiter l'Institut ! Proposa Jérémy.
_ Ouais pourquoi pas ?
Et tous les quatre partirent en direction de l'arrêt de bus situé devant le Printemps. Ils prirent le premier qui passa en direction de Bléville, c'est-à-dire le numéro six.
_ Sinon vous m'avez pas dit où on allait. Parce que je veux bien vous suivre mais j'aimerai quand même savoir où on va, demanda soudainement Shirley.
_ En fait, on va dans un endroit où on peut emprunter un tunnel qui nous conduit directement à l'Institut, répondit Lucille.
_Un tunnel ? Qu'est-ce que tu veux dire ?
_On est obligé de prendre un passage souterrain pour y aller parce que c'est pas à côté ! Et en plus, ce n'est pas accessible à tous.
_ Mais c'est où exactement ?
_ Et bien ... euh ... tu verras, lui lança Jérémy, en ayant vu qu'une personne derrière eux les écoutait attentivement.
_ Qu'est-ce qu-il y a ? demanda Lucille, qui avait remarqué qu'il ne les écoutait plus.
_ Rien ... enfin ... regarde discrètement derrière toi, sur ta gauche.
Elle s'exécuta, en essayant de se faire le moins remarqué.
_ Ça serait pas ... ? Commença-t-elle.
_ C'est bien ce qu'il me semblait. Il faut qu'on descende, vite. Elle doit pas nous suivre !
Heureusement pour eux, le bus venait de s'arrêter pour faire descendre certains de ses passagers. La personne qu'observaient Lucille et Jérémy se retourna violemment, se mit en plein milieu de la rangée et lança un jet de feu sur eux.
Jérémy se jeta sur Shirley et Christophe qui se trouvaient juste devant lui. Dans son élan il les entraîna hors du bus, sur le trottoir. En voulant protéger ses amis, il avait oublier de se protéger lui-même : il avait été touché à l'épaule et commençait à souffrir de sa brûlure. Lucille, qui s'était projetée en arrière pour échapper au jet enflammé, se releva et fit face à son agresseur. Celle-ci n'eut pas le temps de reprendre son souffle qu'elle lui envoya une décharge électrique. Elle fut projetée jusqu'au fond du bus. Lucille commença alors à s'avancer vers son adversaire en voulant lui mettre la raclée de sa vie, quand elle sentit quelqu'un l'empoigner. Il s'agissait de Christophe qui était monté la rejoindre. Il l'incita à descendre avec lui. Elle profita de l'évanouissement du pyromane pour fuir hors du bus, comme le faisaient tous les occupants, ainsi que le chauffeur. Ils rejoignirent leurs deux compagnons qui les attendaient au bout de la rue.
_ Il faut que je te soigne ça ! Lança Christophe en constatant les dégâts qu'avait causé son sauvetage.
_ Si tu veux, mais fais vite ! On sait pas combien de temps elle restera évanouît.
Christophe appliqua ses mains au dessus de la blessure et de la lumière bleutée se dégagea de ses mains. Après quelques secondes, les signes de la brûlure avaient disparus, tout comme la douleur que ressentait Jérémy. Tous les quatre se mirent alors à courir droit devant eux, en regardant de temps en temps si leur agresseur les avait rattrapé. Au bout de quelques minutes de course, ils décidèrent qu'ils pouvaient enfin s'arrêter, pensant être à l'abri de tout danger. Tous essoufflés, ils se tournèrent vers Lucille qui visiblement ne l'était pas.
_ Ça, c'était le comité d'accueil, plaisanta-t-elle, en s'adressant à Shirley.
_ Vous la connaissiez ? La pyromane, je veux dire !
_ Ouais. Elle s'appelle Allissia. Elle était avec nous, il y a longtemps. Mais elle a choisi son camp. Et ce n'est pas le nôtre. Elle a préféré rejoindre l'équipe de Sanchez. Mais bon, c'est pas le moment de ressasser le passé, répondit Jérémy avec difficulté.
_ Ouais, on ferait mieux de partir avant qu'elle revienne ! Intervint Christophe. Surtout qu'elle a eu le temps de prévenir d'autres personnes.
_ Ouais et binh ... elle peut revenir quand elle veut, moi je l'attend, continua Lucille, visiblement énervée d'avoir du quitter le combat.
_ Bah s'ils sont aussi nombreux qu'on peut le penser, alors on ferait mieux de partir maintenant !
_ Ouais. Trouvons une ruelle déserte pour qu'on puisse partir de là, intervint Jérémy. En plus on sait même pas où on est ! C'est marqué quoi là-bas ? Rue ... ?
_ Rue Nicolas Poussin, lui indiqua Shirley. Mais comment tu veux qu'on s'en aille de là ? Je croyais que l'Institut était pas à côté !
_ Le plan B, si tu veux, c'est un mutante qu'on connaît et qui vit avec nous à l'Institut, lui chuchota Christophe, voyant que Jérémy avait sortit son portable et composé un numéro.
_ Oui ... tu peut venir nous chercher, s'te plait. On est rue Nicolas Poussin. Je pense qu'on doit pas être très loin du lycée. Merci. A tout de suite, dit-il.
Il se rapprocha de ces amis et leur annonça qu'ils seraient bientôt chez eux. Au bout de quelques minutes, un halo de lumière pourpre apparut et une personne en sortit. C'était Nadège, une téléporteuse âgée de 19 ans, blonde aux yeux bleus.
_ Salut, prononça-t-elle, en reconnaissant le visage amical de ses compagnons. Alors, vous avez ... commença-t-elle.
_ Attention, s'écria Shirley, en voyant Allissia qui venait tout juste de les retrouver.
Celle-ci lança sur eux un nouveau jet de feu. Nadège se retourna et en apercevant le torrent de feu qui lui arrivait droit dessus, utilisa son pouvoir de téléportation pour le renvoyer sur leur agresseur. Celle-ci se jeta sur le côté pour échapper à sa propre attaque.
Nadège en profita pour saisir ces amis et s'éclipser avec eux.

Quelques secondes plus tard, ils se retrouvèrent dans un immense bâtiment, où se baladaient plusieurs personnes de leur âge. Shirley devina donc qu'ils étaient arrivés à destination.
_ Sinon, Shirley, je te présente Nadège, notre taxi cosmique, plaisanta Jérémy.
_ Ah, ah ! Je ne sers pas uniquement de taxi ! Je sers aussi de garde du corps, continua-t-elle. T'as pas oublié quand même ?
_ Mais non, je rigolais !
_ D'accord ... À tout à l'heure ! Leur dit-elle.
Elle disparut alors dans le même halo de lumière dans lequel elle leur était apparut précédemment, avant qu'ils se fassent attaqués une seconde fois.
_ Tu viens, on va te présenter au Prof, annonça soudainement Jérémy.
_ Il a hâte de te rencontrer, lui confia Lucille pendant qu'ils se dirigeaient vers le bureau du Prof.
_ Pourquoi ? S'interrogea-t-elle alors. J'ai rien fait de mal.
_ Non, c'est juste que tu es la première télépathe à avoir sût développer ses pouvoirs sans un mentor qu'il va rencontrer. C'est quand même un exploit ! Je sais pas si tu t'en rends compte mais tu as un pouvoir énorme.
_ Bon, vous avez fini de parler les filles ?intervint Jérémy. On est bientôt arriver.
_ Lâche-nous, toi ! C'est pas parce que ton pote le muet cause pas que tu dois te venger sur nous ! Lui renvoya-t-elle.
_ Mais je suis pas muet ! C'est juste que j'ai pas envie de parler tout le temps comme toi, plaisanta-t-il.
_ Il a pas tord ! Poursuivit Jérémy, en frappant juste après à la porte du Professeur.
En entendant une réponse positive, il enclencha la poignée et entra dans la pièce, Christophe, Shirley et Lucille sur ses talons. Le Professeur se leva et avança vers ses élèves.
_ Bonjour, commença-t-il. Tout s'est bien passé. Il n'y a pas eu de problèmes ?
_ Non, presque pas, lui confia Lucille.
_ Presque pas ? demanda-t-il.
_ Ils nous ont juste envoyé Allissia, pour l'accueil. Mais elle a eu de la chance qu'on doive partir, continua-t-elle, ironiquement.
_ Oui, je le pense aussi. Parce que leurs espions ne viennent que très rarement seuls. Enfin, bon. Et toi, comment vas-tu ? demanda-t-il, à l'attention de Shirley.
_ Bien, merci. Un peu stressée, mais ce n'est pas grave. Ça passera !
_ Bien. Saches que cette maison est la tienne désormais. Tu es libre de faire ce que bon te plaira...
_ Ah bon ? Demanda Lucille.
_ Oui ... enfin, tout ce qui reste autorisé par le règlement, finit-il. À ce propos, Jérémy et ses camarades ont du te renseigner à ce sujet.
_ Oui, ils m'en ont parlé. Ils m'ont parlé des horaires, des chambres, du règlement et des visites de certains de vos ennemis...
_ Et qui sont maintenant tes ennemis, poursuivit Jérémy. Enfin ... désolé, reprit-il, voyant que tous les regards se tournaient vers lui.
_ Bon, donc, bienvenue à l'Institut. Lucille, tu t'occupes de lui trouver une chambre, à moins que tu ne veuille qu'elle dorme dans la tienne en attendant ?
_ Oui, je pense que ça serait mieux pour elle. À moins que tu préfères t'isoler un peu ?
_ Non, non, répondit-elle instantanément. Je préfère être avec quelqu'un que je connais pour l'instant.
_ Donc, nous voilà tous d'accord ! Continua Escamilla.
À ces mots, Lucille se dirigea vers la porte, se retourna pour voir si Shirley la suivait et voyant qu'elle arrivait, l'emmena en direction de sa chambre.
_ Tu veux qu'on aille au salon ? demanda Christophe à Jérémy. En attendant le repas.
_ Pourquoi pas ? Lui répondit celui-ci. De toute façon, j'ai rien de mieux à faire.
Et tous deux sortirent à leur tour de la pièce, refermant la porte sur eux, et se dirigeant vers le salon.
En arrivant, ils découvrirent le salon entièrement vide, comme s'ils étaient les seuls présents à l'Institut. Ils se regardèrent l'un l'autre, et en comprenant qu'ils pensaient la même chose, s'installèrent devant la télévision.


_ Donc voilà ma chambre, commenta Lucille. C'est pas la plus belle mais bon ... elle me convient. J'espère qu'elle te plaît.
_ Ah oui, oui, répondit la nouvelle occupante. T'inquiète pas, je suis pas difficile. Mais j'aime beaucoup la déco et même... Euh... Qu'est-ce que c'est que sa ? On dirait des traces de brûlures...
_ Ah oui ... euh ... et bien, pour tout t'avouer ... c'est moi qui les ai faîtes ! C'est quand il y a quelque chose qui m'énerve, je n'arrive plus à me contrôler et ... voilà le résultat.
_ Ah ouais, bah ... t'y vas pas de main morte. C'est quoi exactement ton pouvoir ? demanda-t-elle, intriguée.
_ En fait, je suis capable de créer de l'électricité, et de la contrôler. Enfin ... Continua-t-elle, en regardant les traces de brûlures qui se situaient sur le mur juste à sa gauche. Quand je le peux ...
Elle se leva, tout en continuant sa conversation avec Shirley, et se dirigea vers son armoire, de laquelle elle sortit des draps propres. Elle alla ensuite vers le lit vide qui se tenait à côté du sien. Shirley la rejoignit et toute deux firent ensemble le lit de la nouvelle résidente. Une fois qu'elles eurent terminé leur travail, elles décidèrent d'aller rejoindre Jérémy et Christophe, là où Lucille pensait les trouver. Elles prirent donc la direction du salon.
Une fois arrivés, elles s'installèrent à leur côté, faisant tout pour les déranger. Lucille saisit la télécommande de la main de Christophe et changea de chaîne. Celui-ci se jeta sur elle pour la reprendre, et tous deux se bagarrèrent comme de véritables enfants. Tout semblait aller à ce moment-là entre les quatre amis, quand un élève entra en trombe dans le salon et réquisitionna Christophe pour aller soigner deux autres mutants qui venaient de rentrer à l'Institut. Tous les cinq partirent alors en courant, en se dirigeant vers le hall d'entrée.
En arrivant, ils aperçurent Nadège qui se trouvait tout près des deux blessés. Elle s'était agenouillée à côté de l'un deux pour lui soutenir la tête. Celui-ci semblait être dans un coma profond. En arrivant, Christophe se précipita d'abord sur lui, puis, lorsqu'il eut reprit connaissance, se tourna vers l'autre mutante, qui semblait avoir été épargnée, comparée à son voisin.
_ Qu'est-ce qui c'est passé ? demanda alors Lucille, curieuse de connaître la raison de telles séquelles. Qui vous a attaqué ?
_ Ils étaient trois : deux hommes et une femme, leur répondit le mutant qui se trouvait évanoui deux minutes plus tôt. Ils nous ont attaqué par surprise. On était en chemin pour venir ici, quand on a entendu un bruit derrière nous. On s'est retourné et un des hommes à projeter Justine sur un arbre. Elle s'est relevée et alors une fille est sortie de derrière les arbres. Elle a projeté du feu sur nous, alors je me suis servit de mes pouvoirs pour nous protégés. Ensuite, le premier homme s'est jeté sur nous et j'ai juste eu le temps de pousser Justine. Après je ne me souviens de rien.
_ Après, une fois que j'étais à terre, le deuxième homme s'est approché de moi, et il m'a dit de transmettre un message à la télépathe. Je lui ai dit qu'il n'y avait pas de télépathe parmi nous. Il m'a répondu qu'elle était nouvelle. Ensuite, l'autre homme s'est ramené et il m'a frappé au visage. Quand je me suis réveillée, quelques minutes plus tard, François était toujours dans le coma et j'étais seule pour le transporter. J'ai appelé Nadège et elle nous a ramené ici. Voilà toute l'histoire.
_ Qu'est-ce qu'il t'a dit ? demanda soudainement Jérémy.
_ Pardon ?
_ Tout à l'heure tu as dit qu'il avait un message pour la télépathe, dit-il. Qu'est-ce que c'était ?
_ Ah ... il m'a dit de lui dire qu'il savait où elle vivait et qu'il n'hésiterait pas à tuer tout ceux qui l'empêcheront de mettre la main sur elle. Et je le crois : il n'a pas hésité à me déboîter l'épaule et à mettre François k.o. Donc quoi qu'il nous ait promit, je suis sûre qu'il le fera.
_ Ce qui veut dire que tes parents ne sont plus en sécurité chez eux ! reprit Jérémy, en s'adressant discrètement à Shirley, de façon à ce qu'elle, Lucille et Christophe soient les seuls à pouvoir entendre.
Peu de temps après, le Professeur Escamilla ordonna à tout le monde de passer au réfectoire et retint Shirley et Lucille quelques minutes. Christophe et Jérémy durent continuer leur route. Une fois au réfectoire, ils prirent place autour d'une table, réservant deux sièges pour leurs camarades. Ils allèrent se servir en les attendant. Après un certain temps, Lucille revint en compagnie de Shirley, qui semblait complètement désorientée. Elles rejoignirent Jérémy et Christophe qui faisaient la queue pour être servit.
_ Alors, qu'est-ce qu'il vous voulait ? Leur demanda Jérémy.
_ On t'expliquera à table. Il y a trop de monde pour l'instant.
En effet, une dizaine d'élèves les entouraient et semblaient impatients de connaître la raison de leur retard. Une fois servis, ils retournèrent s'asseoir à leurs places respectives. Lucille leur expliqua ce que le Prof venait de leur ordonner : en aucun cas ils ne devaient sortir pour un quelconque sauvetage chez les parents de Shirley. Celle-ci semblait de plus en plus inquiète à l'idée que des gens qui la cherchaient, pouvaient se rendre chez elle et tuer sa famille, alors qu'elle ne s'y trouvait plus.
_ T'inquiètes pas pour ça, on restera pas là sans rien faire ! La rassura Lucille. Vous êtes d'accord ? Lança-t-elle à l'attention de Jérémy et Christophe.
_ Bien sûr que oui ! Continua Jérémy. Et j'ai même bien envie d'y aller ce soir.
_ Ce soir ? Intervint Lucille. Ca risque d'être chaud ! Ils vont nous surveillés !
_ Oui, mais tu préfères qu'on reste tranquillement ici, à se dire que peut-être il y a des gens chez elle, ou qu'on passe à l'acte et on y va ce soir ?
_ C'est sûr que je préfère y aller ce soir mais, imagines qu'on se fasse choppé...
_ Et bien je préfère être choppé en me disant que sa famille va bien plutôt que de rester bien tranquillement à l'Institut et me dire qu'ils seront peut-être tous morts, et que si on avait su, on y aurait été. Désolé si je t'ai blessé...
_ C'est rien ...
_ Bon ... alors c'est décidé ? On fait ça ce soir ? Toi, t'es d'accord ? demanda Lucille à Christophe.
_ Bien sûr ! répondit-il, comme si elle l'insultait en ayant posé la question. De toute façon, vous aurez sûrement besoin de moi, au cas où les choses tourneraient mal.
_ Alors on se donne tous rendez-vous vers ... 21h30 devant la barrière extérieure, près du portail, dit Jérémy.
_ Ouais, c'est d'accord. Le deuxième problème va être de trouver un moyen de transport, poursuivit Lucille.
_ On pourrait demander à Nadège, mais je suis pas sûr qu'elle acceptera, continua Christophe. Elle sera peut-être pas d'accord avec notre idée de « sauvetage ».
_ Je pense pas qu'elle refusera, si on lui parle surtout du danger qu'encourent ses parents, lui répondit Jérémy. Elle sera même d'accord pour nous accompagner jusqu'au bout. Et elle peut être très utile au cas où on ne serait pas seul !
_ Ok ! Bah tu vois ça avec elle ! Sinon nous on se donne rendez-vous à l'heure prévue. Et on attendra pas trop longtemps au cas où l'un de nous se ferait coincé.
_ Très bien ! À tout à l'heure !
Chacun partit donc dans sa direction, les garçons montant au premier étage et les filles restant au rez-de-chaussée, tous attendant avec impatience le moment où ils pourraient enfin aller porter secours à la famille de Shirley, avant qu'un drame ne se produise...
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# Posté le lundi 18 juin 2007 05:12

Nadège sort

# Posté le lundi 18 juin 2007 09:25
Modifié le lundi 18 juin 2007 09:41